┤Anthologie des racines carrées: épisode 1├ by Ghazel

maree noire 20 (1)
Curated by Azad Asifovich
 

Opening 03.11.16 > 18.00 h 

Show 04.11.16 > 13.11.16

 ┤Anthologie des racines carrées: épisode 1├ 

Press Release

 Née en 1966 en Iran, Ghazel travaille entre Paris et Téhéran. Son œuvre est polymorphe : la vidéo, la performance, le dessin, l’installation sont des médiums à travers lesquels elle effectue son  » acte de résistance  » *

 Les termes clefs de son travail sont déracinement, appartenance et déplacement. A propos du dernier elle dit d’ailleurs: « Jusqu’à très récemment, je me décrivais comme une nomade. Une nomade hybride. Une iranienne hybride et nomade. Maintenant, je pense que le terme “être en transit” me va mieux. Je suis constamment en transit. Même là-bas «  **

 

 Le travail de Ghazel est autobiographique et ses références sont très personnelles. La réalité d’elle-même est présentée dans son oeuvre de façon bien lisible. Originaire d’Iran, son pays, son enracinement, colorent de manière profonde la grammaire de son œuvre.

 

 Selon le dictionnaire Littré, la racine est « la partie inférieure d’un végétal plongée le plus ordinairement dans la terre, qui croît toujours en sens contraire de la tige, et sert tant à fixer la plante au sol qu’à pomper sa nourriture ». Ghazel incarne en quelque sorte le végétal. Ses racines iraniennes et ses déracinements l’ont construite. Ne dit-on pas ‘le fruit de sa réflexion’ ? Mais ce fruit peut avoir un goût amer.  » Je veux parler ici de noir ; d’une manière noire, dont mes yeux voient tout  » dit Javad dans la préface de son poème Incertain*** 

  » Le noir amer  » qui transparait dans les dessins de Ghazel.

 

 Pour le premier épisode de son intervention à la galerie Nivet Carzon, elle montre deux séries d’œuvres : Marée Noire et Black Hole.

 Les dessins de la série Marée Noire sont des métaphores sur des questions géopolitiques liées au pétrole, à la guerre et à la corruption ; ils symbolisent les pouvoirs et les conflits sur notre planète. Le choix des cartes géographiques achetées depuis 2010 en Iran, crée une strate supplémentaire, une couleur locale et un retour évident à la langue maternelle. Ghazel laisse les noms des océans sur les œuvres, comme si seuls ces noms étaient légitimes sur une carte du monde. 

Black Hole est une série de vidéos de performances, où l’artiste dessine à la craie des histoires sur un tableau noir. L’intitulé de cette œuvre fait référence à la surface noire qui voit naître et mourir les dessins, effacés à la fin de chaque performance. Ainsi le tableau absorbe-t-il les histoires comme un « trou noir ».

Ghazel résiste.

 Par Azad Asifovich et Gavriella Abekasis 

*« Qu’est-ce que l’acte de création ? » par Gilles Deleuze / Conférence donnée le 17 mai 1987, dans le cadre des mardis de la fondation Femis.

** « Performances clandestines » par Ghazel dans le cadre de Vidéo et Après, le 19 janvier 2015 au Centre Pompidou.

*** « Je ne vois pas » par Javad Hakimli / Bakou, 1974, édition Yalanchi.

 

 

 



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