┤ écrit sur de l’eau ├ par François Durif

Opening 21.01.16 > 18.00 h

Show 22.01.16 > 24.01.15

Avec la complicité de François Durand
alias Francis de Miomandre (1880-1959

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Où nous sommes, nous vous attendons. Du reste, nous sommes toujours plus nombreux que ce que nous sommes. Plus nombreux sommes-nous, plus de fous inoffensifs nous serons. C’est pour cela que nous avons besoin de tout le monde – pour être ce que nous sommes.

Puisque nous sommes une succession de moi, puisque « l’émotion ne dit pas ‘je’ » (1). C’est le moment de faire imploser le « je » gonflé de lui-même en une myriade de petits « je » qui ne demandent qu’à s’ébrouer dans leur réduit. Nous allons donc tenir boutique tous les deux, Francis et moi, et jouer au camelot, et disposer nos bibelots, et écrire sur de l’eau. L’occasion de vider nos poches, de relever nos manches, d’esquisser quelques pas de danse dans la rue Geoffroy-l’Angevin.

Nous n’avons pas d’autre intention que celle d’habiter le lieu de la galerie, de vivre sur place, d’accueillir les amis, d’embarquer les inconnus dans notre monde. Tour à tour galeriste et artiste, plumitif et noceur. Nous vous parlerons de Ces petits messieurs qui buissonnent dans les buissons, comme de ceux qui gisent sur notre table. Il y aura des moments parlés, des moments dansés. Des temps forts, des temps faibles. Tandis que l’un écrira sur la vitre le menu du jour, l’autre fera le ménage. Chacun à sa place. De l’espace entre les deux.

« Nous sommes des fantômes : nous nous souvenons que nous avons rêvé. » (2) Si nous écrivons, c’est pour nous souvenir de ce que nous avons rêvé, car « comment former des pensées avec des faits dont on n’aurait pas rêvé ? » (3)

Cette histoire avec Francis, je ne l’ai pas rêvée, j’ai décidé de la vivre, avec les arrêts et les reprises que suppose toute mise à nu auprès de l’être aimé. Si aimer, c’est sortir de soi, alors cette exposition est l’occasion de me dépenser le plus possible dans l’espoir de me rendre aimable, et plus encore, de me sentir vivant.

Dernière précision : Francis et moi sommes toujours en quête d’un partenaire pour égayer nos jours et nos nuits. De la routine du quotidien, personne n’est à l’abri. Ni lui ni moi n’exigeons la fidélité dans notre couple, nous sommes ouverts à toutes les propositions. Le meilleur amant n’étant pas toujours le meilleur ami, nous n’allons pas faire les difficiles. À notre âge, ce serait un luxe. Du luxe de temps dont nous disposons ici, nous comptons faire bon usage.

Francis & François
1) Gilles Deleuze, Deux régimes de fous, Minuit, 2003, p.172 (2) et (3) Joë Bousquet, Mystique, Galimard 1973, p. 137

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Depuis son diplôme à l’École nationale supérieure des beaux arts de Paris (1997), François Durif multiplie les expériences hors le monde de l’art. De celles-ci, il fait son matériau, en se tenant à une pratique d’écriture. Il

travaille in situ. Les reliefs de ses actions jalonnent d’exposition. C’est ainsi qu’il développe un art de la discrétion. François DURIF est né en 1968. Il vit et travaille à Paris.
Il tient régulièrement un blog : abridurif.tumblr.com

 



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